Henri Louatron - A la messe noire ou le luciférisme existe


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Henri Louatron - A la messe noire ou le luciférisme existe


Lettre-préface

Paris, 3 octobre 1913.

Cher Monsieur,
J’ai reçu votre manuscrit et je vous remercie vivement de me l’avoir confié.
Je me suis empressé de prendre connaissance de votre récit qui, outre son cachet de véracité et son intensité évocatrice, est tout à fait intéressant et très clair. Vos connaissances, votre honorabilité, votre loyauté, votre impartialité (qui vous serait presque préjudiciable), garantissent la valeur de votre témoignage.
Précis comme un exposé mathématique et coloré comme un tableau sobre aux tons essentiels, il est certes de nature à impressionner fortement un public intellectuel.
Sauf discussion ou réflexion nouvelle, voici, de prime jet, les suppositions qu’il me suggère.
Il y a là un Esprit, lequel est très probablement la manifestation d’un groupe, le porte-parole de beaucoup d’autres esprits similaires, et qui prend à son compte le nom symbolique qui est leur mot de ralliement.
Les chants, les incantations des hommes qui lui rendent un culte, les unifient en un bloc : d’où la force de matérialisation concentrée sur cet être.

Quels sont ces Esprits ? Des élémentals ou des désincarnés ?
Les occultistes considèrent deux sortes d’élémentals : ceux qui ont une existence propre et ceux qui sont artificiels.
Ceux qui ont une existence propre seraient des êtres intelligents n’ayant jamais été incarnés.
Jusqu’à preuve, je ne crois guère à leur existence, car ils me semblent en dehors des données de l’évolution universelle.
Quant aux élémentals artificiels tels que ceux qui, dit-on, gardent certains trésors, ce sont, s’ils existent, des créations fluidiques, des sortes d’automates, de simples machines analogues, par exemple, aux torpilles dormantes, redoutables sentinelles, - d’un mécanisme plus souple, mais pas plus conscientes.
L’hypothèse d’un semblant d’être de ce genre, fabriqué par la pensée des assistants ou par toute autre cause, ne me semble pas, à elle seule, pouvoir expliquer le phénomène relaté.
Je crois plutôt à un désincarné, matérialisant (incomplètement d’ailleurs) son corps astral et y ajoutant des ailes (partie artificielle) pour jouer son rôle d’ange.
Pourquoi ce rôle et ces rites ?
Parce que l’Esprit et ses congénères ne sont pas débarrassés de la mentalité mystique et qu’ils sont, par conséquent, des mystiques à rebours, en raison de l’époque déjà ancienne à laquelle s’est produit leur premier mouvement de révolte.
Pourquoi ces Esprits se sont-ils révoltés ?
Vraisemblablement parce qu’ils ont été persécutés et torturés au nom de la religion qui se disait la religion du Christ.
Ils ne connaissent pas Jésus lui-même ; ils ne connaissent que certains crimes accomplis en son nom.
On les a martyrisés au nom de la croix et voilà pourquoi ils font fouler la croix aux pieds. On les a massacrés au nom de l’hostie, et voilà pourquoi ils font massacrer l’hostie. C’est d’une mentalité violente et sommaire, mais cela n’a rien d’essentiellement infernal (si tant est que ce mot ait une signification essentielle).

La méchanceté ne semble pas être la caractéristique du cénacle qu’ils imprègnent. Cependant il se pourrait que, parmi les fidèles de l’Esprit qui se matérialise, il s’en trouvât qui aient eu à souffrir aussi du parti clérical et aient été victimes d’une captation d’héritage ou de quelque manoeuvre anti-charitable.
La mentalité de l’Esprit qui apparaît ressemble, par certains points, à celles des modernes anarchistes et cette mentalité, il l’infuse à ses partisans de la terre. — Drapeau noir, hostie noire… Est-ce signe de deuil ? Les cérémonies chrétiennes de la désincarnation sont noires ; les Chinois sont bien plus dans l’idéal.
Excusez ces mots à bâtons rompus.
Il suffirait peut-être à ces esprits et à leurs dévots de la terre de connaître la vraie personnalité de Jésus pour que leurs imprécations se sentent tomber dans le vide. Car Jésus n’est pas l’autoritaire envoyé de Jéhovah qu’ils se figurent, mais un libertaire plutôt, un libertaire d’amour.
Une pensée chemin faisant : O doux fils de Joasaph et de Miriam ! Comment seriez-vous accueilli, hélas ! Si vous vous présentiez aujourd’hui au Vatican, vous, l’humble ouvrier charpentier de Nazareth, - ou seulement à l’Archevêché de Paris ? C’est pourtant dans ces palais que l’on vous divinise ! …
Le Jéhovah des princes des prêtres n’était pas le pur principe d’unité, mais une invention théocratique, une sorte d’élémental artificiel créé par l’esprit d’autorité. De même le Jésus de Rome, qui n’est pas le vrai, (témoin le temple de domination romaine qu’on a consacré à son coeur sur la colline de Montmartre).
Et si Celui qui est le vrai apparaissait aux Esprits qui se donnent le nom collectif de Porte-Lumière et à leurs fidèles de ce monde, ils se précipiteraient tous vers Lui, les uns et les autres, avec des larmes ; et après le séculaire malentendu, la grande réconciliation serait consommée.

A l’appui de ce qui précède je me reporte à des manifestations de Jésus qui m’ont paru très véridiques et dont les notations se trouvent reproduites dans La Survie de Mme Rufina Noeggerath. De l’une d’elles j’extrais ce passage :
« La croix ! Portez-la dans vos coeurs comme un souvenir ; repoussez-la toujours lorsque vous sentirez qu’elle impose la tyrannie, lorsque vous verrez surtout se prosterner devant elle, pour l’adorer, le faible qui annihile son droit de réfléchir, d’être libre, son droit à l’amour, au progrès, en s’inclinant devant un signe qui le fait esclave …. Oh ! Alors, alors, repoussez la croix ! … »
Au bas de ce texte vient cette remarque (que je me permets à d’autant mieux de transcrire que j’en suis l’auteur) :
« Note. — Il y a dans cette communication quelques lacunes regrettables : car il était souvent difficile de noter toutes les paroles et il a fallu supprimer certains passages dont la notation était trop incomplète.
Néanmoins on a pu garder de cette manifestation une trace suffisante pour que la grandeur en soit comprise. - Mais au sujet des incarnations de Jésus, ce que l’on ne peut rendre, ce que l’on ne peut communiquer au papier d’un livre, c’est l’atmosphère des séances, c’est le magnétisme captivant, cette impression intense de bien-être moral et même physique qui nous transportaient par anticipation en pleins fluides d’harmonie et qui caractérisaient les manifestations de l’esprit d’amour. Quel dommage de ne pouvoir faire revivre et transmettre ce charme si spécial qui dissipait les méfiances des plus prudents au sujet de la venue d’un si grand Esprit et devenait pour nous tous un signe éloquent d’identité ! … »
L’hypothèse de la suggestion (« psychose », dirait-on au Fraterniste) d’esprits ayant souffert de la persécution (autrefois, étant incarnés), me semble d’autant plus à considérer que, sans elle, la mentalité du cénacle apparaîtrait par trop tératologique ; car la fureur anti-hostiaire de ces braves gens (qui ne semblent pas avoir subi personnellement les mêmes souffrances, ni par conséquent, avoir les mêmes causes de violente irritation) serait inexplicable. La seule formation fluidique par la convergence des assistants me parait donc tout à fait invraisemblable.
Les phénomènes, tout extraordinaires qu’ils soient, semblent bien réels et nullement truqués, tant d’après l’ensemble que d’après les détails du récit, et surtout d’après la manière dont le fantôme disparût.
Toutefois, en, remarquant la conversation finale avec votre hôtesse, l’idée vient que l’appartement est probablement machiné de telle façon qu’on puisse à l’occasion donner de fausses séances (fantasmagoriques) à des enquêteurs gênants pour « faire sombrer sous la risée publique le malin qui oublierait de retenir sa langue ou sa plume ». Même êtes-vous sûr de n’en avoir pas trop dit pour ne pas risquer quelque désagrément quand votre récit va être publié ?
Encore à vous, cher Monsieur, bien cordialement.

J.-Cam. Chaigneau.


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