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WAWA CONSPI - The Savoisien

Exegi monumentum aere perennius

Announcement

#1 05-03-2014 14:10:52

Dejuificator II
Maîtres Ascensionnés V.I.P
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Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof

Nicolas_2_et_sa_famille.jpg


Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof
Le complot Germano-Bolchéviste raconté par les documents

http://www.histoireebook.com/index.php? … es-Romanof
http://www.balderexlibris.com/index.php … es-Romanof
Edition française de 1921

Robert Wilton - The last days of the Romanovs
How Tsar Nicholas II and Russia's Imperial Family Were Murdered

http://www.balderexlibris.com/index.php … e-Romanovs
Edition de 1993 de l'I.H.R.

George Gustav Telberg - Robert Wilton - The last days of the Romanovs
http://www.balderexlibris.com/index.php … e-Romanovs
Edition U.S. de 1920

Robert Wilton - Russia's agony
http://www.balderexlibris.com/index.php … ia-s-agony
1919


Pierre Gilliard - Le tragique destin de Nicolas II et de sa famille
Treize années à la cour de Russie (Péterhof, septembre 1905 - Ekaterinbourg, Mai 1918)

http://www.histoireebook.com/index.php? … Nicolas-II
http://www.balderexlibris.com/index.php … Nicolas-II

Vladimir Michaïlovitch Roudnieff - La vérité sur la Famille Impériale Russe et les Influences occultes
http://www.histoireebook.com/index.php? … s-occultes
http://www.balderexlibris.com/index.php … s-occultes
1920


Wilton_Robert_Les_derniers_jours_des_Romanof.jpg

Comment peut-on encore passer sous silence les dessous de la Révolution Russe ? Celle-ci fut préparée et financée par les services allemands et certains banquiers "germano-américains". Avec la prise du pouvoir par les bolcheviks et la signature d'une paix séparée à l'Est, l'Allemagne croyait pouvoir gagner la guerre rapidement en retournant toutes ses forces sur le front occidental, et préparait déjà l'après-victoire - et là un rétablissement du trône russe, en renversant le régime révolutionnaire ainsi mis en place et utilisé. Alors que les ultimes offensives allemandes de 1918 battaient leur plein en France et que la guerre civile commençait en Russie, les services germaniques se heurtèrent au refus de Nicolas II d'entériner le traité de paix. Séparés, les bolcheviks récupérèrent ensuite et firent assassiner le Tsar et les siens. La vérité était en fait déjà connue à l'époque, notamment par les renseignements militaires français - grâce à leur propre travail et quelques témoignages - dont celui de Robert Wilton. Mais l'expression de cette vérité a toujours été entravée, pour de multiples raisons. Et les non-dits, les mensonges, ont ainsi réussi véritablement à falsifier "officiellement" la représentation, jusqu'à nos jours, de ces événements, qui ont pourtant décidé de l'Histoire même du XXème siècle.

"Les causes du retard de cette édition française restent mystérieuses : la deuxième partie du manuscrit fut égarée, mais comment et par qui, l'auteur ne l'a jamais su. Il a fallu refaire la traduction, et trouver un nouvel éditeur. Ce récit contient la seule version authentique du complot germano-bolchevique contre la Famille Impériale de Russie et du crime d'Ekaterinebourg, accompagné de documents officiels provenant de l'enquête commandée par l'amiral Koltchak. Afin d'étouffer les révélations par trop compromettantes de ce récit, des influences bien puissantes ont été mises en jeu. Nicolas II a péri parce qu'il tenait à rester fidèle à son peuple et à ses engagements envers les Alliés. Son nom mérite d'être dûment honoré par ses frères d'armes, il le sera peut-être au moins par les Français." R. Wilton, 1921

Robert Wilton, journaliste anglais du Times, couvrit le premier conflit mondial en Russie. Après la révolution bolchevique et en pleine guerre civile, avec l'aide du général Janin - chef de la mission militaire française - il sauva les dossiers de l'enquête sur l'assassinat de la Famille Impériale Russe.


Nous serons toujours là.

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#2 05-03-2014 14:14:08

Dejuificator II
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Re: Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof

Crime rituel à Ekaterinbourg, par René-Louis Berclaz



pistolet_Mauser.big.jpg

L'arme du crime, le  pistolet Mauser (l'arme des chefs, les seconds couteaux étaient équipés du revolver Nagant)


Depuis le 30 avril 1918, la famille impériale de Russie (le tsar, son épouse, le prince héritier et ses quatre sœurs) était prisonnière à Ekaterinbourg, dans l’Oural. Elle y fut retenue jusqu'au moment de son assassinat, perpétré dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.

Un agent des services de renseignements britannique, Robert Wilton, a pu avoir accès aux dossiers du juge Sokolov, chargé de l’enquête par le gouvernement de l’amiral Koltchak. Cet « honorable correspondant » publia en 1920 un ouvrage, Les Derniers Jours des Romanov. Robert Wilton y confirme la responsabilité des Juifs dans le massacre des Romanov.

Cette thèse a été confirmée par le général Dieterichs, adjoint de l'amiral Koltchak. Chargé de superviser l’enquête du juge Sokolov, il publia en 1922 : Le meurtre de la famille impériale et des membres de la Maison Romanov dans l'Oural. Plusieurs versions, parfois contradictoires, circulèrent quant aux circonstances exactes du massacre. Selon la version communément admise, les Romanov et quatre personnes de leur suite furent massacrés par fusillade. Toutes ces versions s'accordent cependant sur les points suivants :

Le responsable de la détention et de l'exécution de la famille impériale était le Juif Chaïa Issaévitch Golostchekine, commissaire régional à la Guerre, âgé de 42 ans. Arrivé en Russie dans le même wagon que Lénine, Golostchekine était connu pour être un bourreau cruel et dégénéré.

Le 12 juin 1918, le frère cadet du tsar fut exécuté à Perm, ce qui laisse à penser que la mise à mort de tous les Romanov fut décidée dès ce moment-là.

Le 4 juillet 1918, les gardiens de la maison Ipatiev et leur chef furent remplacés. Le nouveau chef était le Juif Iankel Chaïmovitch Iourovsky, âgé de 41 ans, directement subordonné à Golostchekine.

Le 12 juillet 1918, Hermogène, évêque de Tobolsk, fut tué par des Gardes rouges sur la route entre Ekaterinbourg et Tobolsk : pour avoir aidé les prisonniers impériaux, il avait été arrêté et emprisonné dans une prison d'Ekaterinbourg, puis libéré sous caution juste avant son assassinat.

Le 16 juillet 1918, les gardiens de la famille impériale, de simples Gardes rouges, furent désarmés sur ordre du commandant Iourovsky juste avant l'arrivée des bourreaux.

Après le massacre, perpétré dans les circonstances détaillées ci-après, les premiers enquêteurs découvrirent une inscription en langue allemande sur le mur de la chambre du crime, entourée de « quatre signes cabalistiques » :

Belsatzar ward in selbiger Nacht

Von seinem Knechter umgebracht

Traduction : Balthazar fut, en cette même nuit, tué par ses esclaves.

L'auteur de cette inscription s'est manifestement inspiré d'un poème du Juif Heinrich Heine évoquant l'assassinat du roi de Babylone, Balthazar, écrivant toutefois Belsatzar au lieu de Belsazar, selon l'orthographe germanique.

Dans Le Festin de Balthazar (Daniel 5), l'Ancien Testament nous raconte que le roi de Babylone convia les grands du royaume, au nombre de mille, à boire dans les vases d'or que son père Nabuchodonosor avait rapporté du Temple de Jérusalem. Au cours du festin, des mots mystérieux apparurent sur les murs du palais, que le prophète Daniel déchiffra ainsi : « Mané (compté) veut dire que Dieu a compté les jours de ton règne et en a marqué la fin, Thécel (pesé), que tu as été mis dans la balance et trouvé trop léger, Pharès (divisé), que ton royaume sera partagé. » Daniel accusa Balthazar d'avoir déplu à Yaveh et d'avoir profané les vases sacrés du Temple de Jérusalem (Daniel 5, 23). Balthazar eut beau se repentir publiquement et nommer Daniel à la troisième place du gouvernement du royaume, il fut assassiné le soir même (Daniel 5, 30).

De même que le roi Balthazar, le tsar et ses descendants devaient être sacrifiés rituellement pour que, par le sang versé, la prophétie de Daniel s'accomplisse à nouveau. Une telle mise à mort, placée sous le signe de la Cabale et de la magie noire, ne peut que faire réfléchir tous ceux qui seraient tentés de s’opposer au destin du peuple élu, déterminé selon une interprétation cabalistique de l’Ancien Testament. Comme Balthazar le païen, le Tsar très chrétien passait pour un usurpateur selon le Talmud : seul Israël détient de Yaveh la souveraineté de tous les Royaumes et seuls les Juifs sont les maîtres légitimes de tous les biens de ce monde...

Un diplomate, transfuge du régime des soviets, Grégoire Bessedovsky, a publié en 1930 le récit de sa vie dans les années qui suivirent la révolution bolchévique. Il y rapporte l’hallucinante confession de l’un des tueurs, le Juif Piotr Voikov. Les précisions du tueur sont révélatrices de la mentalité des bourreaux mais, surtout, son témoignage confirme en tout point ce que l’on sait maintenant de ce crime, suite à une nouvelle enquête bénéficiant de tous les moyens scientifiques modernes diligentée par les autorités russes après la chute du communisme. Malgré le zèle des tueurs pourvus d’importants moyens pour effacer toute trace du crime, les indices recueillis sur place furent suffisants pour reconstituer les faits et confirmèrent pour l’essentiel la première enquête menée par le juge Sokolov. On remarquera utilement que les mêmes, sous un autre masque, sont toujours à l’œuvre, actuellement contre les populations du Moyen Orient.

Vous savez, dit-il, cette brute de Jurovsky [Iourovsky] a commencé d’écrire ses mémoires. Le Bureau politique en a eu vent ; on l’a fait venir et on lui a ordonné de brûler immédiatement le manuscrit. C’est à ce moment que le Bureau politique vota une résolution interdisant de publier des mémoires relatifs à l’assassinat du tsar. Cela n’était que très naturel, car Jurovsky s’y était très mal pris et l’exécution avait été une chose honteuse, une véritable boucherie.

La question de l’exécution des Romanoff avait été mise à l’étude par le soviet de la région de l’Oural selon le désir de ses membres. J’en faisais partie comme commissaire de l’approvisionnement. Ce soviet demandait avec insistance à Moscou que le tsar soit fusillé. Il indiquait que les ouvriers de l’Oural se montraient fort mécontents de la lenteur des autorités ; le tsar vivait à Ekaterinbourg « come dans une villégiature ». Moscou ne donnait pas son assentiment, car on estimait que le tsar ferait l’objet d’un échange avec l’Allemagne. On voulait tout simplement vendre le tsar aux Allemands et recevoir une forte compensation. On espérait surtout que l’Allemagne, pour obtenir la famille impériale, consentirait à de fortes réductions des 750 millions de roubles-or qui avaient été imposés comme contribution par le traité de Brest-Litovsk. Il se trouvait aussi quelques membres du comité central – dont Lénine – qui s’opposaient à l’exécution pour des considérations de principe. Ils pensaient qu’on ne pouvait pas fusiller les enfants. Lénine indiquait que la grande révolution française avait exécuté le roi et la reine, mais avait épargné le dauphin. On parlait aussi de l’impression défavorable pour les soviets que produirait à l’étranger la nouvelle de l’exécution des enfants.

Mais le conseil de l’Oural et le comité communiste de l’Oural continuaient à réclamer la mort. Moi – Voikov fit un grand geste théâtral – j’étais un des partisans les plus acharnés de cette mesure. Une révolution doit se montrer sans pitié pour les monarques renversés ; sans quoi, elle risque de n’être plus populaire. On devait surtout compter avec les masses ouvrières de l’Oural, animées d’un esprit révolutionnaire très aigu.

Le comité de l’Oural du parti communiste vota définitivement la mort le 6 juillet 1918. Aucun de ses membres ne vota contre. La mort fut votée pour toute la famille et plusieurs communistes influents furent chargés de faire ratifier cette décision par Moscou. Deux camarades originaires de l’Oural, Sverdlov [juif] et Krestinsky [juif], actuellement ambassadeur à Berlin, nous aidèrent puissamment dans cette tâche. Ils entretenaient des relations suivies avec les gens de l’Oural et ils furent nos meilleurs avocats. Leur tâche ne fut pas facile, car une partie des membres du comité central persistait à dire que les Romanoff étaient entre nos mains un bon atout dans notre jeu avec l’Allemagne. Il faudrait être à bout de toute solution pour se départir de cet atout. Les gens de l’Oural eurent alors recours aux derniers moyens. Ils annoncèrent qu’il n’était pas possible de garantir la sécurité des Romanoff, car les Tchéco-Slovaques [la Légion tchèque) finiraient par s’en emparer dans leur marche sur l’Oural. Ce dernier argument finit par convaincre tout le monde, car tout le monde craignait que le Romanoff tombât entre les mains de l’Entente. Le sort du tsar fut ainsi décidé, en même temps que celui de toute sa famille.

En apprenant que la chose était ratifiée (c’est Golostchekine qui apporta cette nouvelle de Moscou), Belobodorov mit à l’ordre du jour la question de savoir de quelle façon on procéderait à l’exécution. Le comité central avait prévenu Ekaterinbourg qu’il faudrait de toute façon cacher le fait aux Allemands, car ceux-ci continuaient à demander avec insistance qu’on leur livrât la tsarine, l’héritier du trône et les grandes duchesses. Belobodorov proposa le plan suivant : une mise en scène de rapt de toute la famille qu’on entraînerait dans une forêt où tous ses membres seraient fusillée. Quant au tsar lui-même, il serait fusillé publiquement après lecture d’un arrêt de mort motivé. Golostchekine n’était pas du même avis ; il prétendait que la mise en scène serait trop difficile à exécuter. Il proposait donc de procéder à l’exécution dans la forêt et de jeter les corps dans l’ouverture d’un puits d’une mine abandonnée ; ensuite on annoncerait la mort du tsar et le transfert de sa famille dans un endroit plus sûr.

Voikov s’étendit longuement sur les débats qui eurent lieu. Son projet à lui (il prit, me dit-il, par deux fois la parole pour le défendre), consistait à transporter les victimes vers le bord de la grande rivière la plus proche, les fusiller et jeter les corps dans l’eau après leur avoir attaché solidement des poids suffisants. Cette méthode serait la plus « proprette » : une salve au bord d’une belle rivière avec lecture de l’arrêt puis « inhumation par immersion ». Voikov prétendait que l’immersion était un genre de mort convenable et ne discréditerait pas la Révolution. Finalement le soviet décida que les Romanoff seraient fusillés dans la maison Ipatiev et que les corps seraient détruits. Cette résolution contenait également l’indication que le médecin, le cuisinier, le domestique, la femme de chambre et le mitron attachés à la famille impériale « se sont eux-mêmes condamnés à la peine de mort et doivent être fusillés avec les autres ».

Jurovsky en sa qualité de commandant de la maison Ipatiev était chargé de l’exécution de la résolution. Voikov, en sa qualité de représentant du comité du parti de la région, devait assister à l’exécution. Comme spécialiste des sciences naturelles et plus exactement de la chimie, il devait élaborer les plans de la destruction totale des corps. Il était aussi chargé de signifier à la famille la lecture de l’arrêt de mort. Il apprit cet arrêt par cœur afin de pouvoir procéder avec toute la solennité possible ; il estimait qu’il entrerait dans l’Histoire comme l’un des personnages principaux de la tragédie. Mais Jurovsky lui aussi « voulait entrer dans l’Histoire » et il se mit à tirer sans avoir prévenu Voikov. Cela lui valut une haine implacable de Voikov qui ne l’appelait plus que « boucher, idiot, animal, etc. »

La question des armes à employer fut soigneusement étudiée. On décida de prendre des revolvers car les fusils feraient trop de bruit et attireraient l’attention des habitants d’Ekaterinbourg. Voikov astiqua son Mauser calibre 7,65, il le sortit de sa poche et le montra. Jurovsky avait un Mauser du même modèle.

Selon Voikov, Jurovsky était si pressé d’en finir qu’il transforma « un acte héroïque solennel » en simple boucherie ; le mitron avait été épargné sur l’intervention de Voikov et contre le gré de Jurovsky ; celui-ci, sanguinaire, ne voulait pas diminuer le nombre de ses victimes.

Dans la nuit du 17 juillet, Voikov se présenta à la maison Ipatiev accompagné du président de la Tchéka d’Ekaterinbourg. Jurovsky fit son rapport : la famille est réveillée et invitée à descendre dans le sous-sol afin d’être prête pour la « réexpédition ». On leur avait dit que la ville d’Ekaterinbourg n’était pas tranquille, qu’on craignait une attaque et que par mesure de précaution il fallait se tenir dans la cave ; la famille y descendit à deux heures quarante-cinq (Voikov tira sa montre). Jurovsky, Voikov, le président de la Tchéka et les Lettons de la Tchéka se disposèrent près de la porte. Les membres de la famille avaient l’air tranquille. Ils paraissaient habitués aux alertes nocturnes et aux déplacements fréquents. Certains étaient assis sur des chaises avec des oreillers placés sur les sièges ; d’autres se tenaient debout. Le tsar fit quelques pas vers Jurovsky qu’il considérait comme le chef et lui dit tranquillement :

‒ Nous voilà tous rassemblés ; qu’allons-nous faire à présent ?

Voikov s’avança pour lire la résolution du Soviet de l’Oural, mais Jurovsky ne le laissa pas faire. Il s’approcha du tsar et dit :

‒ Nicolas Alexandrovitch, vous allez être fusillé avec votre famille selon la décision du Soviet de l’Oural.

Cette phrase parut au tsar si inattendue qu’il dit machinalement :

‒ Quoi ?

Jurovsky fit feu au même moment, à bout portant, tirant plusieurs coups ; le tsar tomba. Aussitôt les autres se mirent à tirer aussi et les victimes tombèrent l’une après l’autre à l’exception de la femme de chambre et des jeunes filles. Les filles du tsar restèrent debout emplissant la pièce de cris terribles. Des balles ricochèrent. Jurovsky, Voikov et les Lettons se ruèrent sur les survivantes et tirèrent encore à la tête.

Le crime accompli, Jurovsky, Voikov et deux Lettons examinèrent les cadavres et enfoncèrent dans les corps les baïonnettes de deux fusils que l’on avait apportés de chez le commandant. Voikov me dit que le tableau était terrifiant. Les corps gisaient à terre en poses de cauchemar, les visages défigurés par le désespoir et les balles. Le plancher était devenu glissant comme dans un abattoir. L’air était rempli d’une odeur étrange. Jurovsky paraissait très calme. Infirmier de profession, il avait l’habitude de voir du sang humain. Il enleva soigneusement les bijoux. Voikov voulut avoir sa part et tira le doigt d’une des grandes duchesses ; le corps se retourna sur le dos, du sang jaillit de la bouche avec un bruit sinistre. Voikov eut peur et se mit de côté.

Quelque temps après on chargea les corps sur un camion placé près de l’entrée. Puis on s’en fut vers une mine abandonnée, repérée d’avance. Jurovsky y partit avec le camion.

Voikov resta à Ekaterinbourg, car il devait préparer tout ce qui était nécessaire pour la destruction finale. On avait désigné pour cette besogne quinze membres éprouvés de l’organisation d’Ekaterinbourg et de Verkhne Isetsk. Ils étaient munis de haches neuves soigneusement aiguisées, du type employé dans les boucheries pour disséquer les carcasses de bœufs. Voikov fit aussi une provision d’acide sulfurique et d’essence.

La destruction des corps commença le lendemain et elle se fit sous la direction de Voikov. Jurovsky était présent, avec Beloborodov et Golostchekine qui se rendirent sur place à plusieurs reprises pour surveiller l’opération. Le travail le plus difficile fut le dépeçage. Voikov tremblait en me parlant de ce détail. Il me dit que, cette partie de leur besogne terminée, les hommes se trouvèrent devant un amas de troncs, de jambes, de bras et de têtes. On aspergea l’amas sanguinolent d’essence et d’acide sulfurique et on y mit le feu qui dura deux jours et deux nuits. Les réserves d’acide et d’essence apportées par Voikov furent insuffisantes. Il fallut à plusieurs reprises aller chercher de nouvelles fournitures ; en attendant on restait devant le bûcher entouré de fumée sentant la chair humaine…

‒ C’était effroyable, me dit Voikov en terminant. Tous les camarades étaient littéralement fous. Jurovsky lui-même dit qu’il n’en pouvait plus et qu’une autre journée pareille l’aurait rendu bon pour l’asile. On chercha à en finir rapidement. On fit un nouveau tas avec ce qui restait des corps carbonisés. Nous jetâmes quelques grenades dans l’orifice de la mine pour faire éclater la glace éternelle qui l’obstruait et nous précipitâmes dans le trou ce qui restait encore d’ossements noirs et, pour les disperser, nous jetâmes encore plusieurs dizaines de grenades. L’emplacement du bûcher fut creusé à une assez grande profondeur et la cavité remplie de feuilles et de mousse pour le cacher aux hommes…

Grégoire Bessedovsky, Oui, j’accuse (au service des soviets) Librairie de la Revue Française, Paris, 1930, pages 80 à 86


René-Louis Berclaz


Source : http://www.propagandes.info/product_inf … laz-p-1334


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