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WAWA CONSPI - The Savoisien

Exegi monumentum aere perennius

Announcement

#1 16-04-2011 17:06:42

Sycophante
Guest

Bob Morane d'Henri Verne - Des livres d'aventures pour la jeunesse ...

Bob Morane d'Henri Verne

http://www.youtube.com/watch?v=WjaT8I0PFJU

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Bob Morane et moi (2004)

aBob_Morane_-_006_L_heritage_du_flibustier__1954_.jpg
Bob Morane - 001 La Vallée Infernale (1953)
Bob Morane - 002 La Galère Engloutie (1954)
Bob Morane - 003 Sur la piste de Fawcett (1954)
Bob Morane - 004 La Griffe de Feu (1954)
Bob Morane - 005 Panique dans le ciel (1954)

Bob Morane - 006 L’héritage du flibustier (1954)

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Chapitre Premier


Vers le levant, au-dessus de la mer des Caraïbes, une étroite bande rosâtre, tracée comme au pinceau juste au-dessus de la ligne d’horizon, annonçait le jour proche. L’eau sombre du port, sur laquelle la lune jetait encore ses reflets d’argent, semblait endormie, comme le port lui-même d’ailleurs, et les bateaux, pour la plupart des voiliers de pêche ou de cabotage, amarrés le long du warf mal empierré, poursuivaient on ne savait quels rêves de découvertes. Au-delà de la jetée, derrière les bâtiments portuaires aux toits de tôle ondulée, San Felicidad s’étageait à flancs de montagne, encore assoupie dans la chaude quiétude de la nuit tropicale.
Sur le warf, un homme marchait à pas comptés, prenant garde de ne pas se prendre le pied dans quelque trou ou de ne pas heurter le corps de quelque pêcheur assoupi. On eut pu, dans l’obscurité relative de cette fin de nuit, le prendre pour un bossu, mais, en y regardant mieux, on se rendait compte que sa pseudo-bosse était un lourd sac tyrolien qu’il portait sur le dos, à la façon d’un soldat.
L’homme était grand et de carrure athlétique. Son visage, quoique jeune, était marqué, tanné par le soleil et tous les vents du monde, et ses cheveux noirs, coupés courts, lui donnaient vaguement l’air d’un militaire nouvellement démobilisé. Là s’arrêtait d’ailleurs la ressemblance, car l’inconnu portait une chemise au col ouvert, une veste de chasse, un pantalon de grosse toile bleue du type « blue-jeans » et des espadrilles à semelles de corde.
Du regard, l’homme inspectait les voiliers à l’amarre, comme pour y déceler un signe de vie quelconque. Mais rien ne bougeait et, entre ses dents serrées, le promeneur matinal se prit à maugréer :
— Je me demande bien comment je vais pouvoir atteindre Zambara. Pas de lignes régulières et, si je ne trouve pas un quelconque rafiot dont le patron ne craindrait pas les foudres du président Gomez, il faudra me résoudre à prendre l’avion, comme un vulgaire touriste… Je m’étais pourtant bien promis de commencer et de terminer ce voyage en clochard ou, tout au moins, en boy-scout.
Il se mit à rire et murmura encore :
— Bob Morane, le raccommodeur d’assiettes brisées, le Chevalier des Plaies et des Bosses, voyageant pour son plaisir, et en boy-scout encore ! C’est à ne pas y croire. La Martinique, la Guadeloupe, les Iles Vierges, Porto-Rico, Haïti, Cuba, le Mexique, San Felicidad, et le tout sans une seule aventure qui vaille réellement la peine d’être contée. Si cela continue, ce périple caraïbe va se terminer à la façon d’un voyage de l’Agence Cook. À moins que cela ne finisse par tourner mal, ce qui, avec ma fichue habitude d’attirer la foudre, ne m’étonnerait guère.
Morane haussa les épaules. « Inutile de se tourmenter à l’avance sur ce qui arrivera ou n’arrivera pas demain. L’important, pour l’instant, est de trouver le moyen de continuer mon voyage de la même façon que je l’ai commencé »

aBob_Morane_-_021_Echec_a_la_Main_Noire__1957_.Cover.jpg
Bob Morane - 007 Les faiseurs de désert (1955)
Bob Morane - 008 Le Sultan de Jarawak (1955)
Bob Morane - 009 Oasis K ne répond plus (1955)
Bob Morane - 010 La Vallée des brontosaures (1955)
Bob Morane - 011 Les requins d'acier (1955)
Bob Morane - 012 Le secret des mayas (1956)
Bob Morane - 013 La croisière du Megophias (1956)
Bob Morane - 014 Opération Atlantide (1956)
Bob Morane - 015 La marque de Kali (1956)
Bob Morane - 016 Mission pour Thulé (1956)
Bob Morane - 017 La cité des sables (1956)
Bob Morane - 018 Les Monstres de l'Espace (1956)
Bob Morane - 019 Le Masque de Jade (1957)
Bob Morane - 020 Les chasseurs de dinosaures (1957)
Bob Morane - 021 Échec à la main noire (1957)
Bob Morane - 021bis L'oeil d'émeraude (1957)
Bob Morane - 022 Les Démons des cataractes (1957)
Bob Morane - 023 La Fleur du sommeil (1957)
Bob Morane - 024 L'idole verte (1957)
Bob Morane - 025 L'Empereur de Macao (1958)

aBob_Morane_-_033_La_couronne_de_Golconde__1959_.jpg
Bob Morane - 026 Tempête sur les Andes (1958)
Bob Morane - 027 L’orchidée Noire (1958)
Bob Morane - 028 Les Compagnons de Damballah (1958)
Bob Morane - 029 Les Géants de la Taïga (1958)
Bob Morane - 030 Les Dents du Tigre 1 (1958)
Bob Morane - 031 Les Dents du Tigre 2 (1958)
Bob Morane - 032 Le Gorille Blanc (1959)

Bob Morane - 033 La couronne de Golconde (1959)

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Chapitre Premier


L’étrave du paquebot Gange fendait, telle une gigantesque hache, les eaux calmes et bleues de l’océan Indien qui s’ouvraient devant elle en un double sillon d’argent. Dans le ciel, d’un bleu plus pâle que la mer, le soleil ressemblait à une énorme pièce de métal chauffé à blanc. L’après-midi était déjà assez avancé et, pendant que le navire de toute la puissance de ses diesels, filait en direction de l’est, un groupe de spectateurs entourait, dans le salon des secondes, deux hommes assis de part et d’autre d’une table et qui se livraient à une partie de poker acharnée. Le premier de ces hommes était un petit Méridional à la moustache dessinée comme au pinceau, aux cheveux noirs soigneusement calamistrés, et dont le complet de palm-beach gris clair flottait autour d’un corps maigre, comme desséché. Le second joueur, lui, était un homme de haute taille, aux cheveux bruns et lisses, aux traits grossiers et au teint fleuri et dont la mine réjouie – ainsi, d’ailleurs, que la liasse de billets posée devant lui – montrait clairement combien la chance lui était favorable.
Une nouvelle fois, le joueur au complet de palm-beach distribua les cartes, cinq à son vis-à-vis, cinq à lui-même. Ensuite, quand chaque joueur se fut emparé de son jeu, le donneur interrogea son adversaire du regard, mais l’homme au teint fleuri se contenta de secouer la tête négativement en disant du bout des lèvres :
— Pas de cartes… Servi…
Lentement, le Méridional écarta deux cartes et en prit deux autres. Alors, son adversaire poussa négligemment devant lui cinq billets de mille francs qui allèrent s’ajouter à la mise initiale, au centre de la table. Une telle prodigalité ne parut pas étonner l’homme au complet de palm-beach, qui, déposant dix mille francs sur les autres billets, déclara d’une voix assurée :
— Cinq mille… plus cinq mille…
Un peu de surprise se peignit sur les traits de l’homme au teint fleuri.
— Eh ! Eh ! comme vous y allez, l’ami, dit-il. Est-ce que, par hasard, la chance tournerait ?
Il haussa les épaules et sourit. Ensuite, lentement, comme à regret, il poussa devant lui cinq nouveaux billets de mille francs, pour dire encore :
— Cinq mille, pour voir…
Avec le geste à la fois triomphant et mystérieux du prestidigitateur en train de sortir un rhinocéros de son haut-de-forme, le Méridional étala son jeu sur la table, pour dire d’une voix remplie d’une douce satisfaction :
— Quatre dames !…
Les quatre dames étaient là et, à leur vue, le visage de l’homme au teint fleuri se ferma.
— Ma parole, l’ami, dit-il d’une voix sourde, voilà un fameux jeu !…
Il s’interrompit, éclata de rire, puis continua :
— Malheureusement, je me vois obligé de vous décevoir en vous montrant quatre as…
Il retourna son jeu et montra en effet quatre as. L’homme au complet de palm-beach se dressa d’un bond et repoussa les cartes avec mauvaise humeur.
— Décidément, monsieur Jason, je préfère laisser ma place à un autre. Vous avez trop de chance… Beaucoup trop de chance…
Quand le Méridional eut quitté le salon pour gagner le pont, le dénommé Jason attira à lui l’argent qu’il venait de gagner, et qui vint grossir la liasse, alluma une cigarette puis, se renversant sur sa chaise, dit à l’adresse des assistants :
— Sans doute, messieurs dames, avez-vous entendu ce que vient de dire mon infortuné adversaire : « Je préfère laisser ma place à un autre » – eh bien cette place est toute chaude ! Avis à qui veut la prendre pour augmenter le magot d’Hubert Jason. Hubert Jason, le Roi du Poker. Hubert Jason, qui aide les gens riches à soulager le trop-plein de leurs portefeuilles. Opération sans douleur. Qu’on se le dise !…

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Bob Morane - 034 Le Maitre du Silence (1959)

Bob Morane - 035 L'Ombre Jaune (1959)

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Chapitre Premier


Londres. La nuit pesait lourdement, en ce début de printemps, sur Green Park désert, dont une brume légère voilait les frondaisons jusqu’à leur donner un aspect de paysage onirique, à mi-chemin de la fantasmagorie et de la réalité. Sur la droite, si l’on se tournait vers la boucle de la Tamise, on distinguait les silhouettes estompées de Buckingham Palace et des Royal Mews.
Il était près d’une heure du matin et les constables Wilkins et McReady, qui longeaient Constitution Hill en direction du Mall, avaient l’air de s’ennuyer ferme durant leur ronde. Ils allaient avec cette assurance paisible d’hommes ayant derrière eux toute la puissance de la loi anglaise, mais aussi avec ce détachement propre à ceux qui ne trouvent aucun plaisir à l’existence.
McReady, géant au visage de pugiliste et aux poings pareils à des masses de carriers, faits pour la bagarre, devait ressentir plus particulièrement cet ennui, car il posa son énorme poigne sur l’épaule de son compagnon, en disant :
— Si tu veux mon avis, mon vieux Wilkins, la vie de policier ne vaut pas la peine d’être vécue. Les malfaiteurs sont devenus des clampins. S’ils aperçoivent un casque de loin, pfft, plus personne. Ah ! où est le bon vieux temps du Blitz ? Les bombes tombaient comme grêle mais, au moins, il y avait à faire dans le secteur…
Wilkins ne répondit pas. Il se contenta de soupirer, marquant ainsi un accord total avec les paroles de son compagnon.
Tournant à gauche dans Constitution Hill, les deux représentants de la loi s’engagèrent dans une allée filant à travers le parc, en direction de Piccadilly. Ils marchaient depuis une dizaine de minutes environ, quand une tache blanche, devant eux, attira leur attention. Tout d’abord, ils ne distinguèrent pas très bien de quoi il s’agissait, car les ténèbres étaient assez épaisses ; mais une torche électrique jaillit comme par miracle dans la main de Wilkins et le cône de lumière jaune éclaira une forme humaine étendue sur un banc, au bord de l’allée. Le dormeur – mais était-ce bien un dormeur ? – portait une chemise immaculée, dont la blancheur avait seule attiré l’attention des policemen. Ceux-ci s’approchèrent et se rendirent compte que l’homme portait un manteau noir, léger, ouvert sur un smoking. Non loin de lui, sur le sol, gisait un chapeau melon. A son visage aux traits fins, mais déjà marqué, aux cheveux gris tachant ses tempes, on pouvait déduire que l’inconnu avait dépassé la quarantaine.
— Drôle d’idée de choisir un banc de parc pour dormir, surtout en cette saison, fit l’agent Wilkins.
Déjà, McReady avait saisi l’homme par l’épaule et le secouait, en disant à haute voix :
— Allons, l’ami, debout ! Rentrez chez vous et mettez-vous au lit. Jusqu’ici, on n’a encore rien inventé de mieux pour bien dormir.
Mais le policier eut beau secouer le gentleman de toutes ses forces, et il en avait, il ne parvint pas à l’arracher à son inertie.
— Si vous voulez mon avis, Mac, fit remarquer Wilkins, cet homme est aussi saoul qu’une demi-douzaine d’Écossais.
— Ne dites pas de mal des Ecossais, Wilkins. Vous savez que je suis fort chatouilleux à ce sujet… Mais vous avez raison. Pour dormir aussi profondément, ce particulier doit être ivre mort pour le moins.
Le géant se pencha sur le visage de l’homme en smoking et renifla à la façon d’un chien de chasse flairant une piste. Au bout d’un moment, il se redressa et secoua la tête.
— Pas la moindre odeur d’alcool, constata-t-il. Et, comme vous le dites, un Ecossais s’y connaît.
A nouveau, il secoua le gentleman, mais toujours sans obtenir la moindre réaction de sa part. Les deux policiers échangèrent un long coup d’œil, puis Wilkins demanda d’une voix sans timbre :
— Serait-il… ?
McReady hocha la tête.

aBob_Morane_-_040_Le_diable_du_Labrador__1960_.jpg
Bob Morane - 036 L'Ennemi invisible (1959)
Bob Morane - 037 La revanche de l'Ombre Jaune (1959)
Bob Morane - 038 Le Châtiment de l'Ombre Jaune (1960)

Bob Morane - 040 Le diable du Labrador (1960).pdf (560.05 KB)

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Chapitre Premier


Flac !… Flac !… Flac !…
Le fouet en cuir de caribou claquait dans l’air, manié par un bras herculéen, et s’abattait sans relâche sur l’échine du grand chien gris entravé et qui pourtant faisait face, les yeux fulgurants, le poil hérissé, les dents découvertes en un redoutable piège d’ivoire.
— Ah ! tu veux courir libre comme tes frères les loups !… Ah ! tu fausses compagnie à ton maître !… Eh bien ! prends ça… Et ça !… Et encore ça !… Je vais t’apprendre à être docile !
L’individu qui criait ces paroles d’une voix rauque, brutale, était un géant tenant autant de l’ours que de l’homme, avec sa tête mal équarrie posée directement sur un torse épais et large. Dans le visage plat, envahi par une barbe hirsute, deux petits yeux noirs et ronds brillaient, sous un front fuyant, aux arcades sourcilières proéminentes, comme des morceaux de charbon poli. Le nez était cassé et la bouche, lippue, s’ouvrait sur des dents inégales et saillantes.
Un cercle de curieux entourait le colosse et son impuissante victime : bûcherons à chemises à carreaux, trappeurs à vestes de daim et à bonnets de racoon . Tous des êtres rudes, n’ayant pas froid aux yeux. Pourtant, aucun d’entre eux ne semblait soucieux d’intervenir, ne tenant pas sans doute à s’attirer la colère du géant, dont les bras et les jambes, épais comme de jeunes sapins, disaient assez la vigueur.
Finalement, comme le fouet de caribou ne cessait de retomber, une voix s’éleva :
— Arrêtez donc, Rocky ! Vous allez le tuer…
— Oui, et cela ne vous servira à rien, fit une autre voix. Pourquoi ne pas essayer plutôt de refiler ce maudit Satan à une autre « poire » de votre espèce ?
— Peut-être, Rocky, fit un troisième spectateur, seriez-vous moins brave si Satan était détaché. Il serait capable de vous ouvrir la gorge d’une oreille à l’autre avant même que vous ayez le temps de dire « ouf ! ».
Le fouet retomba et, lentement, le monstrueux Rocky se tourna vers ceux qui venaient de parler.
Une lueur mauvaise brillait dans ses regards.
— Si l’un de vous a quelque chose à dire, jeta-t-il, qu’il s’avance !
Personne ne broncha. Alors, le géant éclata de rire.
— Facile de parler dans le dos des gens ! déclara-t-il. Mais, quand c’est le moment d’en découdre, plus personne !… Tous des couards !… Tous des lâches !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !…
À ce moment, il y eut un remous dans la foule des badauds, tandis qu’une voix bien timbrée et décidée clamait :
— S’il y a un lâche et un couard ici, c’est vous, espèce de gros plein de soupe !
Une stupéfaction totale se peignit sur le mufle de Rocky, car jamais personne sans doute, à Little Creek et à des kilomètres à la ronde, n’avait osé lui parler de la sorte. Un homme venait d’apparaître. Il était jeune, de haute taille, mince mais de carrure athlétique et portait avec aisance une veste écossaise à franges, un grossier pantalon de velours et des mocassins. Son visage énergique, durement taillé par une existence passée au grand air, était surmonté par des cheveux noirs et drus. Ses yeux gris, qui ne cillaient pas, se posaient sur toute chose avec une assurance qui aurait fait hésiter les plus braves. Rocky cependant, confiant dans sa force, ne parut guère impressionné. Un œil à demi fermé, le fouet pendant négligemment à bout de bras, il demanda d’une voix rauque :
— Qui êtes-vous donc, gentleman ?
— Mon nom est Robert Morane, répondit l’homme aux cheveux en brosse. Bob pour les intimes, donc pas pour vous ni pour aucun individu de votre sorte.
Une grimace féroce crispa les traits, déjà fort peu séduisants, de Rocky.

aBob_Morane_-_046_Le_temple_des_crocodiles__1961_.jpg
Bob Morane - 041 L'Homme aux dents d'or (1960)
Bob Morane - 042 La vallée des mille soleils (1960)
Bob Morane - 043 Le retour de l'Ombre Jaune (1960)
Bob Morane - 044 Le Démon solitaire (1960)
Bob Morane - 045 Alias M.D.O. (1961)

Bob Morane - 046 Le temple des crocodiles (1961)

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Chapitre Premier


Ce soir-là, c’était fête au palais Mamoudi, qui dressait, sur une éminence, au bord du Nil, ses colonnades de marbre blanc et ses balcons aussi gracieusement ouvrés que des dentelles de Bruges. Fête parce que le maître de céans, Omar Mamoudi, le richissime collectionneur égyptien, y offrait une réception en l’honneur des soixante ans du professeur Clairembart, l’archéologue français de renom. Deux amis du professeur accompagnaient ce dernier : le célèbre commandant Morane - Bob pour les intimes - et Bill Ballantine, dont les aventures et mésaventures communes à travers le monde ne se comptaient plus.
On en était au moment où Omar Mamoudi débouchait une précieuse bouteille de Champagne dont, de ses mains vigoureuses mais racées, il entreprenait de faire sauter le bouchon.
Mamoudi était un homme d’une cinquantaine d’années mais qui, à part des cheveux gris d’acier tranchant sur la couleur sombre de sa peau, en paraissait quarante à peine. Son visage au nez courbe, aux lèvres un peu lippues, était lisse comme celui d’un jeune homme, et son smoking d’alpaga blanc et brillant laissait deviner un torse d’athlète bien entraîné. Sous les arcades sourcilières proéminentes, ornées de sourcils épais et noirs, des yeux sombres et brillants, trop brillants, dénotaient une âme vibrant d’une passion d’où tout fanatisme ne devait pas être exclu.
Le bouchon sauta avec un bruit de pétard et le liquide pétillant et doré coula dans les coupes de cristal taillé. Sa mission d’échanson accomplie, l’Égyptien reposa la bouteille et, saisissant son verre plein, le leva à hauteur de son visage en disant :
— Eh bien ! buvons à présent aux soixante ans de notre cher ami Aristide Clairembart.
— Oui, buvons, fit joyeusement Bob Morane. À vous, professeur !
— À vous, professeur, enchaîna Ballantine. Cela fait au moins cinq années de suite que nous buvons, le commandant et moi, à ces soixante ans-là. Pourtant, ce qui compte ce n’est pas l’âge que l’on a réellement, mais celui que l’on paraît…
Clairembart sourit.
— Non, Bill, le seul âge qui compte, c’est celui du cœur. Et je me sens vingt ans à peine…
Morane hocha la tête.
— Si vous parlez de l’âge du cœur, professeur, ce n’est pas soixante ans que vous avez, ni même vingt, mais dix…
— C’est trop, beaucoup trop, s’écria à son tour Omar Mamoudi. C’est cinq ans à peine qu’a notre ami Aristide. Cinq ans à peine…
— Disons qu’il n’est pas encore né, comme cela tout le monde sera content, jeta Bill avec un gros rire. À votre naissance, professeur !…
À son tour, l’archéologue leva sa coupe en disant :
— Et à votre santé, vénérables ancêtres !
Ils burent et, quand ils reposèrent leurs coupes, elles étaient vides, sauf celle de Bill, qui demeurait aux trois quarts pleine. L’Écossais ne put se retenir de faire la grimace, et de remarquer :
— Dire qu’il y a dans cette maison assez de whisky pour y faire flotter toute une escadre cuirassée, et l’on m’oblige à avaler ce breuvage de grenouilles…
— On sait que les crapauds buffles n’aiment que l’eau impure des marais, lança Bob qui, ne mangeant jamais, par principe, de cuisses de grenouilles, n’aimait guère qu’on le traitât de « grenouillard »…
Se jugeant quitte, Bob et Ballantine ne trouvèrent pas utiles de pousser plus loin cette petite joute oratoire. Les quatre convives se rassirent pour reprendre leur conversation là où ils l’avaient laissée au moment de porter le toast.

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Bob Morane - 047 Le tigre des Lagunes (1961)
Bob Morane - 050 Les sosies de l'Ombre Jaune (1961)
Bob Morane - 051 Formule X33 (1962)
Bob Morane - 056 La voix du mainate (1962)
Bob Morane - 057 Les yeux de l'Ombre Jaune (1962)
Bob Morane - 059 Les sept croix de plomb (1963)
Bob Morane - 062 La vapeur du passé (1963)
Bob Morane - 063 L’héritage de l'Ombre Jaune (1963)
Bob Morane - 064 Mission à Orly (1964)
Bob Morane - 066 Les joyaux du Maharajah (1964)
Bob Morane - 070 Le camion infernal (1964)
Bob Morane - 072 Les guerriers de l'ombre Jaune (1965)
Bob Morane - 074 Le Secret de l'Antarctique (1965)
Bob Morane - 075 La cité de l'Ombre Jaune (1965)
Bob Morane - 076 Les jardins de l'Ombre Jaune (1965)
Bob Morane - 077 Le collier de Civa (1966)
Bob Morane - 078 Organisation Smog (1966)
Bob Morane - 079 Le mystérieux docteur Xhatan (1966)
Bob Morane - 087 Les papillons de l'Ombre Jaune (1968)
Bob Morane - 090 La forteresse de l'Ombre Jaune (1968)

aBob_Morane_-_105_Une_rose_pour_l_Ombre_Jaune__1970_.jpg
Bob Morane - 091 Le satellite de l'ombre Jaune (1968)
Bob Morane - 092 Les captifs de l'Ombre Jaune (1968)
Bob Morane - 093 Les sortilèges de l'Ombre Jaune (1969)
Bob Morane - 094 Les Mangeurs d’Âmes (1969)
Bob Morane - 097 Les masques de soie (1969)
Bob Morane - 098 L'Oiseau de Feu (1969)
Bob Morane - 099 Les bulles de l'Ombre Jaune (1970)
Bob Morane - 100 Commando Épouvante (1970)
Bob Morane - 103 Les cavernes de la nuit (1970)
Bob Morane - 104 L'ile du passé (1970)

Bob Morane - 105 Une rose pour l'Ombre Jaune (1970)

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Chapitre Premier


Il était une fois – vers 1317 après J.-C. pour être plus précis – une jeune comtesse, en outre belle, veuve et riche, qui habitait un merveilleux château, entouré de merveilleux jardins, au sommet d’une colline qui dominait le Rhône et d’où l’on avait une vue grandiose sur Avignon, cité à demi sainte depuis que le pape, par la volonté du roi Philippe le Bel, était contraint d’y habiter.
La jeune comtesse s’appelait Isabeau de Rocadour. J’ai dit qu’elle était belle, et elle l’était car, dans ces pays d’oc où les poètes étaient aussi nombreux qu’herbes au bord du chemin, on comparait sa chevelure d’un noir bleuté au plus beau morceau d’une nuit d’été, ses yeux à des fragments d’étoiles, sa bouche à une framboise fraîche cueillie et sa peau au plus précieux satin d’Orient ; veuve parce que son mari, Adrian de Rocadour, vieux assez pour être son aïeul, était mort deux ans plus tôt, non d’un haut fait d’armes accompli au service de sa dame, mais d’une vulgaire chute de cheval ; riche parce qu’en mourant Adrian lui avait laissé d’opulentes terres englobant toutes les collines et plaines jusqu’au-delà de l’horizon, des milliers de serfs, dix châteaux et des trésors que ses ancêtres, plus avides de rapines que de sainteté, avaient ramenés de Palestine.
Tout d’abord, pour sacrifier à la tradition, Isabeau avait pleuré son époux, et on avait comparé ses larmes aux perles de l’océan, et ses vêtements de deuil avaient été les plus beaux vêtements de deuil qu’on avait vus de mémoire d’homme. Puis Isabeau s’était consolée, parce qu’il y avait ce soleil lumineux comme la joie elle-même, toutes ces belles choses qui l’entouraient, ces troubadours qui n’avaient pas assez de mots pour lui dire qu’elle était la plus belle – et surtout parce qu’elle avait vingt ans.
On ne sera pas étonné d’apprendre que la beauté d’Isabeau – et aussi sa fortune – attirait vers elle une foule de prétendants empressés. Parmi eux, Yoland de Montalde était le seul qui pût être agréé. Il avait vingt-cinq ans et était l’un des plus beaux chevaliers que l’on pût voir. Sa haute taille, ses cheveux couleur de paille et ses yeux bleus, dans un visage aux traits à la fois durs et purs, disaient qu’il descendait sans doute de ces Vikings qui, jadis, étaient venus du Nord, et cela lui donnait un charme particulier dans ce pays d’hommes bruns et courts, qui fleuraient l’ail. La prestance de Yoland ne le cédait en rien à la beauté de son visage, et il avait si fière allure que même, lors des tournois, quand le grand heaume de joute à cimier – un cygne noir à deux têtes – cachait ses traits, toutes les jouvencelles se poussaient du coude pour l’admirer. Mais Yoland de Montalde ne combattait et ne triomphait que sous les couleurs d’Isabeau de Rocadour.
Ladite Isabeau ne pouvait, de son côté, dissimuler un penchant pour le bel Yoland. En outre, celui-ci possédait des richesses au moins égales aux siennes, et on ne pouvait le soupçonner de convoiter la jeune veuve par intérêt. Celle-ci se sentait souvent disposée à accéder aux demandes de plus en plus pressantes du chevalier de lui accorder sa main, d’unir leurs jeunesses et leurs fortunes. Pourtant, elle hésitait. Fêtée, entourée, courtisée, libre d’agir à sa fantaisie, de s’entourer de tout le luxe qu’elle désirait, de prendre toutes les décisions qu’il lui plaisait, elle appréhendait de se livrer à la férule d’un époux qui, suivant la loi féodale, aurait presque droit de vie et de mort sur elle. Sans doute Yoland de Montalde n’userait-il pas de ce droit, mais seule et libre elle était heureuse, et le bonheur ne se double pas.

#2 18-10-2013 20:34:05

Sycophante
Guest

Re: Bob Morane d'Henri Verne - Des livres d'aventures pour la jeunesse ...

aBob_Morane_-_137_Les_jeux_de_l_Ombre_Jaune__1976_.jpg
Bob Morane - 115 La prison de l'Ombre Jaune (1973)
Bob Morane - 122 Les poupées de l'Ombre Jaune (1974)
Bob Morane - 123 Opération Chevalier noir (1974)
Bob Morane - 126 Les fourmis de l'Ombre Jaune (1974)
Bob Morane - 135 Le poison de l'Ombre Jaune (1976)

Bob Morane - 137 Les jeux de l'Ombre Jaune (1976)

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Chapitre Premier

Promises saison après saison aux bulldozers et aux béliers des démolisseurs, les maisons se faisaient face dans la nuit, de chaque côté de la rue déserte, quelque part entre La Défense et Neuilly.
L’endroit faisait songer aux tristes vestiges d’une ville morte sur une planète abandonnée.
À moins de dix minutes de marche, cependant, on n’en finissait pas de bâtir le Paris de l’an 2000, mais il semblait pourtant que, dans leur rage destructrice, les promoteurs eussent oublié cette rue et ces maisons vides dont on avait exproprié les habitants bien des années plus tôt. Tous feux éteints, la Rolls-Royce – une Phantom V – s’engagea silencieusement entre les maisons. D’épais gravats s’écrasèrent en crissant sous les pneus aux flancs blancs, et c’était là le seul bruit marquant le passage de la puissante voiture.
La Rolls s’immobilisa. Ses phares s’allumèrent un bref instant, et la rue apparut, figée dans la lumière jaune et crue, avec ses demeures en ruine, les façades lépreuses et leurs fenêtres sans vitres, les monceaux de débris accumulés sur la chaussée et les trottoirs.
Puis, de nouveau, ce fut l’obscurité. Pas pour longtemps. À l’autre extrémité de la rue, d’autres phares répondirent au signal. Deux grands yeux ronds qui s’ouvrirent pour se refermer aussitôt, trois fois de suite. Et la rue morte parut revivre soudain, comme sous les éclairs artificiels d’un orage de théâtre. Toujours silencieuse, la Rolls fit marche arrière, en même temps qu’un demi-tour. Son pare-chocs effleura un tas de briques vomies par une muraille démantibulée. La grosse voiture pointa ensuite le bouchon doré de son radiateur dans la direction d’où elle était venue. Les rumeurs lointaines et confuses qu’exhalait Paris couvraient le doux bourdonnement
du moteur – à peine le ronronnement d’un chat. La Phantom V stoppa pour de bon. Le moteur s’arrêta de tourner. L’une des portières s’ouvrit et Monsieur Ming mit pied à terre. Aussi naturellement que s’il avait été un homme comme tous les autres.

*

Des nuages bas réfléchissaient les lueurs vagues de la ville sur la rue oubliée et, sous cette lumière diffuse et rosée, le crâne chauve du Mongol luisait doucement. Les regards étrangement fixes des yeux couleur d’ambre fouillèrent l’autre bout de la rue, perçant l’obscurité. Là-bas, un démarreur toussota sèchement, et les façades décrépies des maisons se renvoyèrent tout à coup les échos bruyants d’une pétarade de moteur. En cahotant, un camion roula lentement vers l’endroit où se tenait l’Ombre Jaune. Lumières éteintes, le lourd véhicule stoppa à peu près à mi-chemin entre les deux extrémités de la rue, et des silhouettes sombres s’en échappèrent aussitôt pour bondir sur le sol.
Impassible, aussi immobile qu’une statue plantée à côté de la Rolls-Royce, Monsieur Ming observa le silencieux manège des hommes déchargeant le camion. Il avait croisé les bras sur la poitrine, et un léger sourire tordait ses lèvres minces, tandis qu’il ne perdait pas un geste des silhouettes qui s’agitaient à moins de trente mètres, en un incessant va-et-vient entre le camion et la maison devant laquelle il venait de s’arrêter. Très vite, les hommes disparurent définitivement à l’intérieur de la bicoque. Quelques-uns d’entre eux seulement demeurèrent à l’extérieur, pour tirer du camion plusieurs panneaux qu’ils entreprirent de dresser contre la façade, les assemblant rapidement et habilement. Sans un bruit. Sans échanger un seul mot. Puis, ces hommes furent également avalés par la maison. Le démarreur du camion toussa de nouveau, et le bruit du moteur emplit la rue, tandis que le véhicule reculait, s’enfonçant dans l’ombre dont il était sorti quelques minutes plus tôt à peine.

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Bob Morane - 139 L'Ombre Jaune fait trembler la Terre (1976)
Bob Morane - 142 Dans le Triangle des Bermudes (1977)
Bob Morane - 143 La prisonnière de l'Ombre Jaune (1978)
Bob Morane - 144 La griffe de l'Ombre Jaune (1978)
Bob Morane - 147 Le trésor de l'Ombre Jaune (1979)
Bob Morane - 148 L'Ombre Jaune et l’héritage du Tigre (1979)

Bob Morane - 149 Le soleil de l'Ombre Jaune (1979)

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Chapitre Premier

La salle était vaste. Cinquante mètres sur vingt-cinq environ. À en juger par son plafond en forme de coque de vaisseau retourné et ses poutres apparentes, il devait s’agir d’un ancien grenier aménagé. Sans doute occupait-il le dernier étage d’une vieille maison de maître, ou d’un château. Les espaces entre les poutres étaient recouverts d’un capitonnage de soie bouton-d’or. Une épaisse moquette de même couleur masquait le plancher.
Au premier regard, on aurait pu se demander si ce grenier n’avait pas été transformé en musée. Partout, des meubles chinois de haute époque. Des vitrines contenaient d’impressionnantes collections de terres cuites funéraires d’époque Tang, ou de bronzes Tcheou.
Un musée ?… Peut-être… Si tout le fond de la salle n’avait pas été occupé par la masse d’acier satin d’un gigantesque ordinateur. S’il n’y avait pas eu également cette grande cloche oblongue, en matière plastique transparente, sous laquelle un homme reposait, allongé. C’était un individu jeune encore, mais au visage déjà ravagé. Et borgne en plus. Un de ses yeux – le droit – était dissimulé sous un bandeau noir, semblable à ceux dont l’imagerie populaire a doté les pirates. En réalité, sous ce bandeau se cachait un œil artificiel en polyméthylméthacrylate doté d’un minuscule ordinateur branché directement à un faux nerf optique raccordé à la zone visuelle du cortex. Un œil capable de voir aussi bien, sinon mieux, qu’un vrai.
L’homme, lui, s’appelait Jules Laborde, alias l’Homme-aux-seize-mémoires, alias le Tigre. Au début, Jules Laborde n’était qu’un pauvre clochard, une épave humaine dont la seule ambition était d’avoir, le plus souvent possible, une bouteille de mauvais vin pour se soûler.
Sans doute en aurait-il été ainsi jusqu’à sa mort des suites d’une cirrhose du foie, si son chemin n’avait pas croisé celui du professeur Missotte. Philippe Missotte, le célèbre biologiste. Laborde avait été sa victime, son cobaye humain. Mais pas seulement Laborde. Il avait eu également quatorze autres victimes. Quatorze savants fameux dont Missotte avait transféré les mémoires, les connaissances dans le cerveau du clochard.
Les quatorze savants étaient morts du traitement qui leur avait été infligé. Jules Laborde, lui, avait survécu. Le professeur Missotte avait voulu en faire un surhomme. Il était devenu un surhomme, et même bien davantage.
Après filtrages et traitements, les molécules des cerveaux des quatorze savants avaient été transférées par injections successives dans le cerveau du clochard, demeuré bien vivant. Laborde avait ainsi possédé quatorze mémoires en plus de la sienne.
Quinze mémoires pour un seul homme ! C’était déjà beaucoup. Pourtant, Missotte n’avait pas réussi à garder son expérience tout à fait secrète, et on l’avait obligé à injecter à Laborde la mémoire d’un tigre nommé Kâla. À partir de ce moment, Jules Laborde était devenu l’Homme-aux-seize-mémoires. On l’avait aussi surnommé le Tigre.
Avec les mémoires des quatorze savants et la somme de leurs savoirs, Jules Laborde aurait pu devenir un surhomme tourné vers le bien. Mais on lui avait fait présent également d’une cruauté bestiale. Il avait commencé par faire périr les responsables de cette dernière opération. Ensuite, une fois Missotte mort, il s’était dressé contre l’humanité, à laquelle il avait déclaré une guerre acharnée.
Se servant d’anciennes mines, dans le désert du Nouveau-Mexique, le Tigre s’était constitué une base d’où il comptait lancer ses attaques. Mais, déjà, un changement était en train de s’opérer chez Jules Laborde. Peu à peu, le clochard amateur de gros rouge reprenait en lui le pas sur les quatorze savants dont on lui avait donné les mémoires. Lentement, il perdait ses facultés surhumaines.

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Bob Morane - 157 L'Ombre Jaune s'en va-t'en guerre (1988)
Bob Morane - 170 Le réveil de Kukulkan (1994)
Bob Morane - 192 La lumière de l'Ombre Jaune (2005)

Bob Morane - 202 Les nuits de l'Ombre Jaune (2006)

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Chapitre Premier
QUI EST L’OMBRE JAUNE ?


Mongol – ou Mandchou, ou Chinois, on ne sait exactement – , il se prétend vieux de plusieurs siècles et descendant de l’empereur Ming Tai Tsou. De haute taille, le crâne rasé, il est presque toujours vêtu d’un costume sombre de clergyman. Ses yeux jaunes, couleur d’ambre, possèdent un pouvoir hypnotique auquel il est difficile d’échapper. Sa main droite, postiche, est un chef-d’oeuvre de technique. Il l’a eue tranchée au cours d’un combat contre Bob Morane.
Principal ennemi de Bob Morane, Ming ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment d’admiration pour lui. L’Ombre Jaune, qui est le surnom que monsieur Ming se donne lui-même, connaît toutes les langues vivantes et mortes. Son savoir est universel. Sa science est en avance sur toutes les connaissances humaines. Il est le chef du Shin Tan (Vieille Chine), mouvement apolitique qui veut dominer le monde pour forcer les hommes à retourner à un état plus proche de la nature. Mais, pour y arriver, Ming ne croit qu’à la violence, et il use des pires moyens. Grâce à sa science, il a pu porter sa lutte dans les espaces interplanétaires, ou à travers le Temps. Ses complices habituels sont les dacoïts, tueurs professionnels fanatisés et dont l’unique arme est le poignard. Il lui arrive également d’employer des étrangleurs thugs. Ses richesses sont illimitées et il les accroît encore quand l’occasion s’en présente. La nièce de Ming, Tania Orloff, jeune Eurasienne d’une grande beauté, est secrètement éprise de Bob Morane. Bien que condamnée par serment à être la complice de son oncle, elle aide en sous-main Bob Morane à le combattre. L’Ombre Jaune a réussi à mettre au point ce qu’il est convenu d’appeler un « duplicateur » de matière.

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