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Rudolf Steiner - La chute des esprits des ténèbres - La liberté de penser et les mensonges de notre époque

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Rudolf Steiner - La chute des esprits des ténèbres
L’arrière-plan spirituel du monde extérieur
Quatorze conférences faites à Dornach du 29 septembre au 28 octobre 1917

Rudolf Steiner - La liberté de penser et les mensonges de notre époque
12 conférences faites à Berlin du 13 février au 30 mai 1916


Rudolf Steiner - PDF


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Extrait de La chute des esprits des ténèbres, Rudolf Steiner renvoie au travail de Francis Delaisi.


Les humains croient aujourd’hui être réalistes, matérialistes, et sont en fait les théoriciens les plus abstraits que l’on puisse imaginer, ils sont pleins de théories uniquement, ils dorment au milieu de théories, et n’en ont aucune conscience. Lorsque l’un d’eux se réveille – ce n’est pas par hasard – mais on pourrait dire familièrement : lorsque l’un d’eux se réveille par hasard et parle en homme éveillé, on ne tiendra tout simplement pas compte de ce qu’il dit. Voilà comment vont les choses aujourd’hui.

Vous aurez peut-être déjà entendu dire ce que certains proclament constamment : la démocratie doit régner dans l’ensemble du monde civilisé ; la démocratisation de l’humanité, voilà ce qui nous apportera le salut ; et pour qu’elle se répande dans le monde, il faut tout anéantir. – Oui, si les humains continuent à vivre en rassemblant sous le concept de démocratie tout ce qui leur vient à l’esprit, ils lui auront donné une forme qui rappelle la définition de l’être humain dont j’ai parlé : un homme est un être qui a deux jambes et pas de plumes, un coq plumé.

Car les gens qui chantent la gloire de la démocratie aujourd’hui, en savent à peu près ce que connaît de l’homme celui à qui on présente un coq plumé. On prend les concepts pour des réalités. C’est ainsi qu’il devient possible à l’illusion de prendre la place de la réalité lorsqu’il s’agit de la vie humaine : on berce et on endort les gens à l’aide de concepts. Ils croient ensuite que leurs aspirations visent à ce que chacun puisse exprimer ce qu’il veut grâce aux différentes institutions démocratiques ; et ne s’aperçoivent pas que les structures de la démocratie sont de telle nature que toujours quelques-uns tirent les ficelles, et que les autres sont tirés.

Et quelques-uns peuvent d’autant mieux tirer que tous les autres croient qu’eux-mêmes tirent également, sans être tirés. – C’est ainsi que par des concepts abstraits on peut très bien endormir les hommes, qui en viennent à croire le contraire de la réalité. Par là même, on laisse aux puissances ténébreuses le champ libre. Et lorsqu’à un moment un homme s’éveille, on le laisse de côté.

Il est intéressant de voir comment, en 1910, on a écrit cette belle phrase : le grand capitalisme a réussi à faire de la démocratie l’instrument le plus merveilleux, le plus souple, le plus efficace, pour exploiter la collectivité. On s’imagine ordinairement que les gens de finances sont les adversaires de la démocratie – écrit ce même auteur – ; c’est une erreur fondamentale. Ils sont plutôt ceux qui la mènent et la favorisent. Car elle – à savoir la démocratie – constitue le paravent derrière lequel ils dissimulent leurs procédés d’exploitation, et ils ont en elle la meilleure protection contre l’éventuelle indignation du peuple.

En voilà un qui s’est réveillé, et qui a vu que ce qui importe, ce n’est pas de jurer par la démocratie, mais de pénétrer les profondeurs de la réalité – non pas d’admirer les slogans, mais de voir ce qui se passe en réalité. Ce serait particulièrement nécessaire aujourd’hui, car l’on verrait alors combien peu nombreux sont les centres à partir desquels on dirige en vérité les événements qui ont valu à l’humanité tant de sang répandu.

C’est ce que l’on ne discernera pas aussi longtemps que l’on vivra dans cette illusion que ce sont les peuples qui se combattent, et que l’on se laissera bercer par la presse européenne et américaine dans l’idée des relations qui devraient, dans la situation actuelle, s’établir entre les peuples. Tout ce qui est dit des antagonismes, des oppositions entre les peuples, est fait pour jeter un voile sur les véritables causes.

On s’abreuve de mots pour expliquer ces événements ; ce n’est pas ce qui nous amènera à un résultat : il faudrait désigner les personnalités concrètement. Ce qui est parfois peu commode. Le même auteur qui a écrit en 1910 les phrases citées, et qui donc s’est réveillé, a fait dans le même livre un calcul extrêmement désagréable. Il a en effet établi une liste de 55 hommes qui en réalité dominent et exploitent la France.

Cette liste se trouve dans la « Démocratie et les financiers », de Francis Delaisi, auteur aussi du livre devenu entre temps célèbre : « La guerre qui vient ». Voilà donc un homme qui s’est réveillé devant la réalité. Son livre : « La Démocratie et les financiers » présente des impulsions qui peuvent mener à discerner ce qu’il faudrait percer à jour aujourd’hui, et réduit à néant beaucoup de choses qui engloutissent dans un brouillard les cervelles des humains. Dans ce domaine aussi, il faut se décider à regarder la réalité.

Bien entendu, on n’a pas tenu compte de ce livre. Or, certaines questions y sont posées qui devraient l’être aujourd’hui dans le monde entier ; elles enseigneraient bien des vérités sur la réalité que l’on veut enterrer sous les discours déclamatoires qui parlent de démocratie, d’autocratie, et autres slogans. Vous y trouvez par exemple aussi une très belle description de la situation pénible dans laquelle se trouve en réalité le parlementaire. N’est-ce pas, les gens croient qu’un parlementaire vote selon sa conviction.

Mais si l’on connaissait tous les fils par lesquels il est relié à la réalité, on saurait alors pourquoi il dit oui dans un cas, et non dans un autre. Il faut en effet que certaines questions soient posées, et c’est ce que fait Francis Delaisi. Par exemple, parlant d’un parlementaire, il demande : de quel côté le pauvre homme doit-il se ranger ? Le peuple lui attribue trois mille francs par an d’indemnité, et les actionnaires trente mille francs ! Poser la question, c’est déjà y répondre. Le pauvre homme reçoit donc du peuple une indemnité de trois mille francs, et des actionnaires trente mille.

Voilà, n’est-ce pas, une belle preuve, et l’on témoigne de beaucoup de perspicacité quand on dit : qu’il est donc bien qu’un socialiste, un homme du peuple comme Millerand ait trouvé place au Parlement ! C’est une conquête grandiose. – Mais Delaisi pose une autre question : qu’en est-il de l’indépendance de Millerand qui, en tant que représentant de plusieurs compagnies d’assurances, touche trente mille francs par an ?

En voilà donc un qui s’est réveillé ; il sait très bien par quels fils les actes d’un tel homme sont liés aux différentes compagnies d’assurances. Mais de ces choses qui sont rapportées à l’état de veille sur la réalité, on ne tient aucun compte. Bien entendu, on peut faire aux gens de très beaux discours sur la démocratie des pays occidentaux. Si l’on voulait leur dire la vérité, il faudrait dire : celui-ci fait telle et telle chose, et celui-là telle autre. – Delaisi a compté 50 hommes bien définis qui ne font pas une démocratie, mais dont il dit qu’ils gouvernent et exploitent la France. Ainsi a-t-on découvert les faits réels, car dans la vie ordinaire aussi il faut que le sens des réalités s’éveille.

Delaisi raconte encore : il y avait une fois un avocat. Cet avocat était relié à tous les centres financiers possibles – non pas des compagnies d’assurances, mais le monde des finances. Or cet avocat avait encore des ambitions plus hautes : il voulait que ses actes jouissent de la protection non seulement du monde des finances, du monde de l’industrie et du commerce, mais aussi du monde des érudits, de l’Académie française, qui est le lieu où l’on est élevé jusqu’à la sphère de l’immortalité. C’est alors qu’il se trouva deux immortels, dans cette Académie, qui se livraient à des affaires de trusts illégales.

C’est alors que le très perspicace avocat se trouva prêt à défendre les deux immortels devant le tribunal, et qu’il réussit à les faire acquitter. Alors ils l’accueillirent au sein des « immortels ». La science qui administre non pas le temporel, mais l’éternel dans le monde, l’immortel, s’est faite le défenseur de cet avocat désintéressé, qui s’appelle Raymond Poincaré, et dont Delaisi raconte l’histoire dans le livre cité.

Il est bon de savoir de telles choses, qui sont mêlées à la réalité. Il faut aussi les connaître. Lorsqu’on s’assimile la Science spirituelle, on est amené à développer un certain sens de la vérité ; tandis que la culture matérialiste de notre époque, si abondamment abreuvée par la presse, est encline à ne pas orienter vers les réalités, mais bien vers des choses que l’on recouvre de slogans comme de petits manteaux.

Et lorsque quelqu’un se réveille – comme Delaisi, et décrit les choses telles qu’elles sont – combien d’hommes en ont connaissance ? Combien y prêtent-ils l’oreille ? Ils ne peuvent d’ailleurs pas les entendre, car elles sont enterrées par la vie que gouverne la presse. Par son livre sur la démocratie et les financiers, Delaisi se révèle comme une tête très lucide, qui s’est donné beaucoup de peine pour percer bien des choses à jour. Ce n’est pas un adorateur aveugle du parlementarisme ni de la démocratie.

Il prédit que ces choses dont les hommes d’aujourd’hui sont si fiers, auront une fin. Il le dit expressément, il le dit aussi de la « machine à voter » – tel est le terme qu’il emploie. Très sérieusement et très scientifiquement, il parle de cette machine à voter parlementaire, dont il perce à jour le fonctionnement à propos duquel on veut faire croire qu’ainsi, c’est une majorité convaincue qui l’emporte sur une minorité insensée. Il sait que, si l’évolution doit prendre un cours sain, c’est tout autre chose qui en prendra la place.

Il n’est pas possible encore de dire quoi – car les gens seraient très choqués si on le disait. Seul l’initié dans le cadre de la Science spirituelle peut en fait le savoir. Ce ne sont certes pas des formes du passé qui réapparaîtront. Vous n’avez pas à craindre que celui qui puise à la Science spirituelle parle en faveur de quelque réaction ou conservatisme ; ce ne seront pas des choses du passé qui reviendront.

Mais ce sont des choses si différentes de la machine à voter actuelle qu’on serait choqué, qu’on les considérerait comme une folie. Pourtant, ces choses prendront place parmi les impulsions de l’évolution actuelle. Delaisi pense d’ailleurs aussi que, comme dans l’évolution organique on voit subsister des organes inutiles, bien qu’ils n’exercent plus leurs fonctions, on verra encore longtemps fonctionner les Parlements ; mais la vie véritable les aura abandonnés.

Vous le savez, l’homme possède aussi de ces organes : certains peuvent remuer les oreilles, car dans des stades antérieurs il existait des muscles qui ont cessé de fonctionner. L’homme les possède encore, mais ce sont ce qu’on appelle des organes ataviques qui n’ont plus de fonction. C’est ainsi que Delaisi se représente le Parlement de l’avenir ; les Parlements seront encore de ces vestiges décadents, abandonnés par la vie, ataviques ; dans l’évolution humaine, il sera intervenu autre chose.

Je vous ai cité ce livre de Delaisi – paru il n’y a pas si longtemps, en 1910, – pour attirer votre attention sur le fait qu’il existe bien assez de gens – car un seul suffit pour plusieurs milliers – mais qu’il faut ne pas les ignorer. À côté de mon effort pour vous introduire dans les lois de la vie spirituelle, de vous faire connaître les impulsions de la vie spirituelle, je considère également comme mon devoir de vous exposer les phénomènes importants de notre temps, bien que pour commencer, vous soyez exposés à les retrouver dans la vie comme étant sans importance, si même vous les trouvez seulement mentionnés. Il faut que ce que nous faisons soit radicalement et foncièrement différent de ce qui se fait dans le monde extérieur. C’est seulement quand nous saisissons cela avec toute la profondeur, avec toute la gravité nécessaire, que nous sommes vraiment actifs dans le sens de la Science spirituelle.



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Extrait de La liberté de penser et les mensonges de notre temps. Citation qui peut paraître prophétique en ce début de IIIe millénaire (bien que Steiner n'ait jamais donné dans le prophétique comme tel, puisqu'il se basait sur la connaissance occulte).


Nous vivons aujourd’hui dans une époque encore relativement idéaliste et spirituelle en comparaison de ce qui doit venir. Vous pouvez le déduire de ce que je vous ai déjà exposé et que je compléterai encore. Nous vivons à la fin du deuxième millénaire après le Christ. Or il ne faudra pas attendre longtemps après l’an 2000 pour que l’humanité ait à vivre des choses fort étranges, qui ne se préparent encore que lentement. Les deux pôles qui courent, en quelque sorte, à la rencontre de l’évolution future se préparent à partir de l’est et de l’ouest. (...)

La plus grande partie de l’humanité sera sous l’influence de l’ouest, de l’Amérique, et il s’agira alors d’une tout autre évolution. Les prémices idéalistes que nous pouvons déjà percevoir aujourd’hui sont bien sympathiques en comparaison de ce qui vient. Les temps actuels sont en effet un vrai bonheur en comparaison de ce qui se produira quand l’ouest atteindra l’apogée de son développement. Il ne faudra pas attendre longtemps une fois passé l’an 2000, pour voir apparaître, venant d’Amérique, une sorte d’interdiction de penser, non pas directe mais indirecte ; une loi qui aura pour but de réprimer tout penser individuel. On en voit déjà un début dans ce que fait aujourd’hui la médecine matérialiste : l’âme n’a plus le droit d’intervenir, car on traite l’être humain comme une machine, en ne se basant que sur l’expérimentation extérieure. (...)

Si l’on pêche tellement aujourd’hui, c’est parce qu’on ne sait plus bien penser. On se contente de dire : C’est vrai ou c’est faux… Or ce qui importe, c’est de comprendre vraiment les choses. Il faut bien savoir qu’il y a de l’esprit dans toute matière, et qu’on ne peut guérir la matière que par la connaissance de l’esprit. Mais l’esprit, on veut qu’il soit partout éliminé ! Et ce n’est encore qu’un début.

Un autre début : nous avons déjà aujourd’hui des machines pour additionner, soustraire… C’est très commode, car on n’a plus besoin de calculer. Bientôt, on fera comme cela avec tout. Dans quelque temps, un siècle ou deux, tout sera terminé. Plus besoin de penser, plus besoin de réfléchir ; on pressera un bouton. Aujourd’hui par exemple, on voit écrit : « 330 balles de coton Liverpool ». Cela fait encore un peu penser, n’est-ce pas. Mais bientôt, on appuiera simplement sur un bouton et l’affaire sera faite.

Et pour que la contexture sociale conserve sa solidité, on fera des lois dans lesquelles il ne sera pas écrit directement : il est interdit de penser, mais qui auront pour effet de mettre hors circuit tout penser individuel. C’est l’autre pôle vers lequel nous courons. Vous voyez que notre vie actuelle, en comparaison, n’est finalement pas si désagréable. Si on ne franchit pas certaines limites, on a encore le droit de penser. Bien entendu, il ne faut pas franchir certaines limites, mais si on reste dans ces limites, on peut encore penser. Tout ceci fait partie de l’évolution de l’ouest, et cela se produira.

Dans toute cette évolution il faut que la science de l’esprit prenne aussi sa place. Elle doit voir clairement et objectivement la situation. Elle doit savoir que ce qui nous semble aujourd’hui paradoxal arrivera pourtant un jour, vers l’an 2200 et dans les années qui suivront. On assistera à une oppression généralisée de toute la pensée dans le monde. Et c’est dans cette perspective qu’il faut travailler grâce à la science de l’esprit. Il faut que l’apport des découvertes soit tel – et il le sera – qu’un contrepoids suffisant puisse être introduit dans l’évolution du monde.

Nous n’en sommes qu’au commencement, et cela ne fera que s’intensifier. Certes on peut aujourd’hui travailler pour atteindre les six degrés les plus élevés, mais seulement jusqu’à un certain point. On peut aussi, au lieu de cela, s’amuser à un tout autre jeu. On peut s’amuser à faire passer des gens par les trois premiers grades de façon purement symbolique. Il existe en effet des confréries où l’on ne donne rien d’autre aux adeptes que des symboles. Et les gens en sont très fiers ! On les accueille dans le premier grade, on les expédie dans le deuxième, puis dans le troisième, et ils n’apprennent en réalité que la symbolique, sans assimiler quoi que ce soit d’une science de l’esprit.

Et souvent, quand on leur demande s’ils sont contents d’apprendre ces cérémonies, ces attouchements, ces signes, et d’assister à ces actes symboliques qu’on leur montre dans le temple, beaucoup de ces gens-là répondent : Oh oui, nous sommes ravis, parce qu’il n’y a pas besoin de penser pendant que tout cela se passe, et chacun peut interpréter les choses comme il veut ! Mais le corps astral provoque un véritable savoir dans le corps éthérique, et on fabrique ainsi des gens qui ont dans leur corps éthérique un immense savoir.

Et si aujourd’hui vous passez en revue les oncles (42) francs-maçons les plus bornés – excusez l’expression, mais il faut parfois prendre des mots qui frappent un peu –, vous verrez qu’ils possèdent dans leur corps éthérique un savoir formidable – pas dans leur corps physique, car ce n’est pas un savoir conscient, mais dans leur corps éthérique –, en particulier quand on les a élevés jusqu’au troisième grade. Ils possèdent un formidable savoir inconscient. Et ce savoir, qui leur a été communiqué au moyen de symboles, il peut être utilisé, de façon honnête ou de façon malhonnête.

Les diverses sociétés occultes se regroupent en fait autour de deux pôles. L’un des pôles porte un caractère chrétien profane, l’autre un caractère chrétien ecclésiastique. Tandis que les francs-maçons font partie des confréries symboliques à caractère chrétien profane, les jésuites ont, eux, un caractère chrétien ecclésiastique. En effet, le jésuite passe, lui aussi, par trois degrés, et on lui inculque toute une symbolique grâce à laquelle il apprend à donner une terrible efficacité à ses paroles. Voilà pourquoi les prédicateurs jésuites sont si efficaces ; ils savent comment construire un discours pour pouvoir agir sur les masses incultes en procédant par intensifications successives. Les oreilles cultivées trouvent tout cela plutôt trivial, mais c’est terriblement efficace. (...)

Tout le monde était convaincu. L’église entière était convaincue. La façon d’utiliser les images est extrêmement habile. Ces gens-là franchissent aussi, à leur manière, les trois degrés. Dans les confréries de cette sorte, il existe, là encore, toutes sortes de nuances ; de même, de l’autre côté, toutes les confréries occultes ne sont pas forcément maçonniques. Ici, en Allemagne, on trouve par exemple les « illuminés » et bien d’autres du même genre.

Mais d’un côté comme de l’autre, il existe encore trois grades au-dessus des trois premiers. Ceux qui détiennent ces grades supérieurs, ceux qui sont titulaires des grades particulièrement élevés, font partie de certaines confréries – pas de toutes évidemment, mais seulement de certaines –, et ils constituent une sorte de société. Il est tout à fait possible, par exemple, que le supérieur d’une communauté de jésuites fasse partie d’une telle société. Bien entendu, les jésuites combattent furieusement les communautés maçonniques, et les francs-maçons combattent tout aussi furieusement les communautés jésuites.

Mais les hauts dignitaires des francs-maçons et les hauts dignitaires des jésuites appartiennent aux grades supérieurs d’une certaine confrérie qui forme un État dans l’État et englobe toutes les autres. Imaginez donc ce que l’on peut réaliser dans le monde quand on est par exemple le haut dignitaire d’une confrérie maçonnique qu’on utilise comme un instrument, et que l’on peut s’entendre avec le haut dignitaire d’une communauté de jésuites pour entreprendre une action que l’on ne peut réaliser qu’à condition d’avoir un tel appareil à sa disposition : d’un côté, on envoie les frères francs-maçons qui, par toutes sortes de voies, s’engagent dans l’action avec une formidable énergie.

Car il faut prendre fait et cause pour ce que l’on peut entreprendre. Mais lâcher le taureau d’un seul côté, cela ne sert pas à grand-chose. Il faut donc faire en sorte que la chose soit combattue de l’autre côté avec le même feu, le même enthousiasme. Imaginez tout ce que l’on peut provoquer avec un tel système à sa disposition ! Avec une remarquable efficacité, par exemple, on a pu faire agir les jésuites et les francs-maçons sans que, ni d’un côté ni de l’autre, on n’en sache quoi que ce soit.

Cela s’est passé dans un pays du nord-ouest de l’Europe situé quelque part entre la Hollande et la France… et cette action a eu des effets particulièrement puissants – pas seulement dans les derniers temps, mais pendant une longue période – effets qui se servaient des deux courants et qui ont permis d’accomplir bien des choses.


Steiner Berlin 1900

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